mardi 21 avril 2015

ARBITRE PAR UN CAPITALO-LIBERAL DÉBRIDE




DEBAT DE DEUX ECONOMISTES DE GAUCHE

 

D'un côté, l'idée qu'il faut mieux répartir les richesses grâce à un impôt mondial, de l'autre, celle qu'il faut aller plus loin et renverser le rapport de domination qui fonde le système salarial.



Deux économistes classés à gauche ont pu discuter, seuls, pendant trois quarts d'heure, sans qu'il se trouve sur le plateau un libéral pour leur porter la contradiction.
D'habitude, l'économie à la télévision, c'est plutôt un partisan de l'économie de marché contre un partisan de l'économie de marché, et à la limite on se demande s'il faut plus ou moins d'économie de marché, mais il en faut toujours.



Vendredi soir, dans Ce soir (ou jamais !), l'émission de Frédéric Taddeï, les deux économistes en question étaient d'un côté Thomas Piketty, couronné d'un succès critique et commercial avec son derniers livre « Capital au XXIsiècle » et de l'autre Frédéric Lordon, auteur d'une contreverse dans la presse.
Frédéric Lordon, qui est plus à gauche que Piketty, reproche à son confrère de n'avoir considéré, dans son livre, que l'angle de la possession financière : en somme, ce que possèdent les riches et ce que ne possèdent pas les pauvres*.
D'où découle l'idée centrale du livre de Thomas Piketty : la nécessité d'instaurer un impôt mondial afin de permettre une meilleure redistribution.
Pour Frédéric Lordon, une telle proposition revient ni plus à moins à «passer la serpillière» pour tenter de nettoyer les dégâts du capitalisme :
«Comme conséquence logique de la stratégie de l’évitement, la fiscalité s’impose alors comme l’unique levier résiduel lorsqu’on a abandonné d’agir sur tout le reste.
Disons les choses un peu rudement : démissionner de transformer les structures, c’est se condamner à passer la serpillière.
Et la fiscalité n’a jamais été autre chose : la serpillière sociale-démocrate faute de toucher aux causes, tâchons au moins d'en atténuer les effets...et de remettre en cause la notion de « Toutes les Propriétés Privées !

Force de travail

Et Lordon de défendre une définition marxiste du capitalisme, à savoir un système de « rapport de domination »* dans lequel l'humain, pour obtenir de quoi survivre, est condamné à vendre sa force de travail à un patron qui possède les moyens de production.
Partant de là, une simple réforme fiscale ne corrigerait en rien la servitude dans laquelle le salarié est placé pour obtenir de quoi subvenir à ses besoins.
Ce sont ces arguments et quelques autres qui ont été au cœur de la discussion entre Piketty et Lordon à Ce soir (ou jamais !).
Evidemment, tout cela était trop beau : Frédéric Taddeï a ensuite invité l'essayiste Guy SORMAN qui a donné sa vision capitalo-libérale débridée expotentielle de la question, ce qui excluait toutes possibilités de dialogue...et impossible au niveau planétaire !
Indigné 81370



* Ce que possèdent les riches n'est que le fruit, des adquisitions des pauvres pour assouvir des besoins… largement entretenus comme indispensables pour leur bonheur !
*Ce rapport de domination n'existe plus si la représentantion des salariés est convenablement exercée, avec des droits garantis…c'est le monstreux Code du Travail Français  que les patrons vilipendent et voudraient tant simplifier !

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