dimanche 20 août 2017

Atentats/indépendance




la Catalogne n'a pas 

l'étoffe d'un état 

souverain...

La Catalogne et ses 

mossos

n'avait pas sécurisé 

correctement leur 

capitale

BARCELONE.

Quel sera, une fois la douleur et le 
deuil passés, l'impact des attentats 
sur la crise indépendantiste qui 
divise Madrid et Barcelone depuis 
2012 ?

C'est une évidence à laquelle se 
préparent sans doute secrètement 
Carles Puigdemont, le Président de 
la Généralité de Catalogne, et 
Mariano Rajoy, le Président du 
Gouvernement Espagnol.


Car sur cette question dont on parle en vérité dans la péninsule depuis des années, il y aura, c'est certain, un avant et un après Barcelone et Cambrils.
Ces événements qui surviennent alors que les relations entre les autorités catalanes et les représentants de l'Etat à Madrid n'ont jamais été aussi tendues, ne sont-ils le résultat que d'un «hasard du calendrier» ?
À supposer que l'idée de ces nouveaux attentats n'ait pas germé dans les seuls terreaux de la cruauté et de la terreur, le contexte hispano-catalan particulièrement sensible apporte alors une dimension géopolitique aux attaques commises à Barcelone et Cambrils, quelques semaines avant le référendum interdit sur l'indépendance de la région.
Vendredi place de Catalogne, dans cette région qui se glorifiait d'être invincible et à l'abri de toutes brutalités du monde... Au motif de sa défiance à l'égard de Madrid.
C'est un message d'unité et de courage brouillé qui a été adressé au terrorisme jihadiste.
Mais que restera-t-il de l'armistice provisoire conclue par Rajoy et Puigdemont sous le regard du roi Felipe VI et du peuple, quand les Catalans passeront aux urnes le 1er octobre ?
Comme une justification de ses crimes, Daesh a indiqué avoir frappé Barcelone et Cambrils en représailles à l'engagement et l'appui logistique de l'armée espagnole aux forces de la coalition en Irak et en Syrie.
L'argument n'est pas anodin et fera son chemin dans l'esprit des électeurs indécis.
Mais où conduira-t-il ?
Dans le sens de l'indépendance si les jours prochains, le sentiment d'avoir payé un lourd et injuste tribut à l'appartenance à un Etat Espagnol membre de l'UE se répand dans la région, malgré leurs convictions de rester dans l'UE et l'€uro  de droit...?
Dans une Catalogne à vif, l'enjeu de l'autonomie politique, culturelle et économique, pourrait ainsi être relégué à l'accessoire d'un référendum populaire où la question de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité l'emportera sur toute autre considération.
De ce point de vue, les hommages légitimes des autorités locales à leurs forces de police, n'ont peut-être pas été rendus sans arrière-pensées.
Avec ses Mossos , la Catalogne n'a pas l'étoffe d'un état souverain ?
Mais alors que cet été, des groupuscules catalans déclarent les touristes indésirables, au risque de nuire à l'image et aux intérêts économiques de la région, c'est tout le contraire qui peut aussi se produire.
Parce que les Catalans se savent désormais vulnérables face à la menace terroriste, le désir d'union, d'appartenance à tout un pays, peut l'emporter sur l'indépendance et le risque de repli sur soi, d'isolement, que portent en elles les manifestations récentes contre les visiteurs étrangers…
Si le «non» s'impose plus largement comme le suggère un récent sondage (48,5 % contre 44,3 % pour le «oui» à l'indépendance), les Catalans auront signifié à leurs représentants politiques qu'en définitive, la lutte contre le terrorisme passe par la défense de l'Etat de droit.
Or c'est un fait dans tout pays démocratique : la Constitution ne se respecte ni ne s'applique à moitié.
Alors qu'entre eux, le dialogue est rompu, la Généralité de Catalogne et le pouvoir de Madrid devront alors se montrer à la hauteur de la situation…
D'apres un texte de L LAPRADE