vendredi 13 mars 2015

De vraies bonnes raisons d’être optimistes.


 

L’euro qui baisse depuis plusieurs mois est censé donner un vrai coup de fouet à la compétitivité des créateurs de richesse de France.
Et pourtant, la machine économique semble toujours atone…


C’est en effet un élément très positif.
Mais il y a un temps de latence avant que cette baisse ne diffuse ses effets au reste de l’économie.
Et ce, pour plusieurs raisons.
La première, c’est qu’elle ne touche que les entreprises exportatrices, et hors zone euro.
La seconde, c’est que celles-ci en profitent d’abord pour restaurer leurs marges, ou baisser leurs prix afin de gagner de nouvelles parts de marché.
Ce n’est que dans un second temps qu’elles procèdent à des investissements, qui peuvent se traduire en termes d’embauches ou en commandes auprès des sous-traitants.
C’est donc un processus long, qui explique pourquoi l’économie française n’en recueille pas immédiatement les fruits.
Par ailleurs, les entreprises n’étaient pas forcément préparées à ce phénomène...
Prenez l’exemple de Renault ou PSA.
La baisse de l’euro leur est bénéfique en zone dollar.
Mais si leur stratégie industrielle est axée sur des produits en zone euro, la chute de la monnaie unique n’a pas d’impact sur le pouvoir d'achat de leur clients.
Or, il faut du temps pour se retourner, revoir sa stratégie de marché...
La chute de l’euro peut même avoir des effets négatifs, lorsque ces entreprises font appel à des produits indexés sur le dollar.
Dans ce cas-là, elles peuvent même subir une hausse de leurs coûts.
La baisse de l’euro reste néanmoins du pain béni pour l’économie européenne et française.
L’effet en termes de compétitivité est bien plus important que le «pacte de responsabilité» du gouvernement…
La chute phénoménale de la monnaie unique, passée en quelques mois de 1,40 dollar à quasiment un dollar, représente une baisse de près de 30%.
Reste que cette baisse concerne le dollar et pas forcément les autres monnaies, notamment celles des pays émergents.
En moyenne, le taux de change effectif de la France avec le reste du monde a donc baissé de 5% à 10% seulement.
Ce qui reste considérable et confère aux entreprises exportatrices, hors zone euro, un gain de compétitivité bien supérieur au pacte de responsabilité.
Avec cette différence, cependant, que la baisse de l’euro est un phénomène volatile et seulement pour les marchés hors zone euro, alors que le "pacte" est pérenne et donne un gain de compétitivité aux entreprises françaises par rapport aux autres pays de la zone euro.
A cette chute de l’euro vient s’ajouter la baisse des prix du pétrole…
Cette baisse concerne davantage les ménages, à travers le chauffage et les transports.
Et on ressent un réel effet sur LEUR POUVOIR D'ACHAT .
Mais sans pour autant que cela se traduise immédiatement en dépenses de consommation.
En effet, chahutés ces dernières années par la crise, la hausse des impôts, ou encore le chômage, les ménages pourraient être tentés de placer ce gain de pouvoir d’achat en épargne.
Donc là encore, les effets positifs pour l’économie pourraient être décalés.
L’OFCE est optimiste pour 2015…
Tout dépendra du moment où ça redémarre.
Mais si la reprise ne tarde pas trop, la France pourrait même connaître jusqu’à 1,5% de croissance cette année.
Mais il y a de vraies bonnes raisons d’être optimistes.
D’autres éléments extérieurs suicidaires pourraient retarder la reprise ?



En premier lieu la Grèce.
Les intransigeances dogmatiques de Bruxelles quant au règlement de ce dossier pourraient retarder des décisions d’investissements.
Et du risque de l’éclatement de la zone euro ne s’éloigne pas, nombre d’investisseurs préfèrent patienter.
D’une manière générale, les différentes crises géopolitiques, comme l’Ukraine, alimentent l’attentisme des Créateurs de richesse
A condition, là encore, que l’Europe ne se fasse pas happer par la déflation, qui continue à représenter une menace pour le continent.

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