mercredi 4 février 2015

Mieux vaut appeler un chat un chat


LA SEXUALITE DE NOS ENFANTS


Dès la naissance, nous parlons d’amour à notre bébé. Nous lui disons que nous l’aimons, nous lui faisons des bisous.
Et très vite on lui explique que si papa et maman se tiennent la main et s’embrassent c’est parce qu’ils s’aiment.
Quelque part, c’est déjà parler de sexualité, mais de manière adaptée à la très petite enfance.
Puis, à partir de la maternelle, il faut donner à son enfant des bases pour comprendre ce qu’est l’amour, car déjà à cet âge il peut éprouver un amour sexué.
Il faut faire attention, être à l’écoute et prendre au sérieux ce qu’il raconte sur ses sentiments.
Ce n’est pas parce qu’il est petit que son amour pour une petite fille de sa classe ne sera pas extrêmement important pour lui.
La jalousie, la tristesse... tout cela, il peut l’éprouver très profondément.
C’est aussi l’occasion de lui parler des bisous, du contact physique, de l’importance de la pudeur et du plaisir que peut procurer la proximité de la personne aimée. Avec les années, le vocabulaire évolue et le sujet s’affine.


Faut-il prendre l’initiative pour en parler ou attendre les questions de l’enfant ?

Il faut combiner les deux. L’enfant aura des questions qui viendront naturellement, avec ce qu’il entend, ce qu’il voit, ce qu’il découvre.

Ce qui est impératif, c’est de lui faire sentir que ce n’est pas un sujet tabou, dont il est gênant de parler.
Sinon l’enfant va croire que c’est un domaine à ne pas aborder, bizarre, un peu dangereux, et cela risque de le mettre mal à l’aise sur tout ce qui touche à l’amour et à la sexualité.
Bien sûr, il faut aussi saisir toutes les occasions possibles pour lui parler directement de la différence physique entre les garçons et les filles, de l’amour qui donne naissance à la vie grâce à la sexualité. Cela fait partie de tout ce qui constitue l’éveil d’un enfant. Il a besoin de ça.
Quels termes employer ?

Le plus important est de faire passer une idée générale. Bien sûr, on ne parlera pas de « rapport sexuel » à un enfant de 3 ans, et encore moins de détails techniques.

Mais quel que soit l’âge, mieux vaut appeler un chat un chat que dire à son enfant que c’est trop compliqué et que vous lui expliquerez plus tard.
Il n’y a rien de choquant dans les mots « pénis » ou « vagin ». Si votre enfant trouve amusant de nommer tout cela avec des mots comme « zigounette », ce n’est pas un problème : autant qu’il soit à l’aise avec le sujet. D’ailleurs associer les termes courants à des images un peu enfantines est un bon moyen de faire comprendre certains principes à sa fille ou à son fils.
Par exemple, le vagin est un « nid où grandit le bébé ». C’est à la fois précis, vrai et rassurant.
Mieux vaut appeler un chat un chat que dire à son enfant que c'est trop compliqué
Comment aborder le sujet des règles ?
Il faut en parler en amont, avant que les premières règles arrivent.
Énormément de mères ne communiquent pas avec leur fille sur le sujet, et un jour l’enfant vient voir sa maman avec sa culotte pleine de sang, très choquée.
La première menstruation est quelque chose de particulièrement inquiétant chez une fille. Imaginez ! Du sang qui coule de votre sexe alors que cela n’était jamais arrivé…
Un travail de prévention est donc nécessaire à partir de 10 ans pour éviter tout traumatisme. Pas besoin de grand discours durant des heures.
Il convient simplement d’expliquer à sa fille qu'autour de 12-13 ans elle va devenir encore plus une femme et qu’à partir d’un moment son corps va changer.
L’important est de démystifier le sujet.
Oui, il va y avoir du sang qui coule tous les mois, et cela a des côtés désagréables. Mais il faut aussi mettre des mots positifs !
Avoir ses règles, c’est devenir une femme. Cela signifie que l'on grandit et qu’on pourra avoir des enfants.

Faut-il parler de tous les sujets ?

Il faut déjà répondre à toutes les questions, ne pas laisser de zones sombres.

Puis il y a des sujets qu’il faut aborder.
Expliquer ce qu’est l’homosexualité, parce que l’enfant entendra forcément des insultes homophobes sans les comprendre, mais aussi parce que le petit n’est pas encore très sexué.
Il peut très bien ressentir beaucoup d’amitié, voire d’amour, pour un camarade du même sexe, et cela risque d’être confus dans sa tête.
Il faut donc lui expliquer la différence entre amour et amitié, et lui dire que cela n’est pas mal de bien aimer quelqu’un du même sexe.
Ne pas oublier de l’informer sur ce qu’est l’abus sexuel. Il n’y a rien de plus facile : il suffit de dire que nul n’a le droit de le toucher à certains endroits, à part certaines personnes.
Pour les autres sujets, comme la masturbation, c’est selon chacun. Là, on rentre dans le domaine de la pudeur des parents.


Y a-t-il des tabous quand arrive l’adolescence ?

L’adolescence, ce sont les prémisses de la vie d’adulte. Il ne doit donc pas y avoir de discussions autour des expériences de l’enfant ou des parents, car cela relève indirectement de l’inceste.

On parle plus de concepts en général, en préservant l’intimité de chacun.
À cette période, l’important est de savoir l’orienter vers le bon interlocuteur : un médecin, quelqu’un de la famille, une institution. Mais ce n’est pas aux parents de se mêler de la sexualité de leurs enfants

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