dimanche 7 juillet 2013

LA FRANCE PAYS DE DROITS ET DE DEVOIRS

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Sa POLICE plébiscite ses ripoux a la vue et au su de tous.



Ces ripoux présumés de la BAC nord, dont deux chefs de groupes qui recelaient des cigarettes de contrebande, de l’argent ou de la résine de cannabis pris sur des délinquants, et participaient à ce «système institutionnalisé de vol, racket, trafic de stupéfiants» selon le réquisitions du procureur de Marseille Jacques Dallest.

Certes, sur les seize policiers mis en examen pour «vols et extorsions de fonds en bande organisée, et infraction à la législation sur les stupéfiants», huit - qui sont sous contrôle judiciaire mais n’ont pas goûté à la prison ont comparu cette semaine devant le conseil de discipline.
Ces gardiens de la paix et gradés ont dû répondre de «manquements à la probité pour les vols et à la loyauté pour n’avoir pas fait de PV ou de compte rendu de saisies».
Selon un membre de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), ils ont«commis des fautes graves»mais sont «moyennement impliqués».



Les sanctions administratives proposées par le conseil de discipline de Marseille au directeur général de la police nationale vont de sept jours de suspension avec sursis contre un gardien de base à neuf mois, dont trois fermes, contre un brigadier chef censé tenir ses troupes.
Pour le syndicat Alliance qui les soutient unilatéralement, c’est déjà «sévère». Comme dit le délégué Jean-Marie Allemand, «cette histoire a été gonflée comme une montgolfière, et redevient maintenant un petit ballon de foire».
Car pour ce leader d’Alliance, qui ne manque pas d’air, ce n’est quand même pas de la faute de ces Baqueux si les voleurs s’enfuient devant eux en«jetant les paquets de cigarettes de contrefaçons par terre» . «Ce n’est pas du vol car il n’y a pas de plainte.
Ces collègues les ont ramassés sur la voie publique», poursuit le délégué. A quelle fin ? Bien entendu, ces flics n’ont ni gardé ni fumées ces cigarettes mais, altruistes,«les ont données à des gens et des gardés à vue». Quant au shit retrouvé dans leurs affaires, «juste deux vieilles boulettes de cannabis qu’un policier avait oubliées dans son vestiaire, et de 4 à 25 grammes de résine maximum» destinés à «rémunérer leurs indics».
Car ces «chasseurs», selon David-Olivier Reverdy (alias Davido) du syndicat Alliance, «ne vont pas payer les tontons avec leur argent».
Et comme en sécurité publique, a fortiori à la BAC, «on n’a pas le droit d’avoir des sources officielles payées comme en PJ, c’est pour ça qu’ils gardent des barrettes pour récompenser leurs indics».
A en croire Davido, les seize de la BAC nord qui ont des ennuis avec la justice sont «tous des super flics qui ont fait de belles saisies de kalachnikov et arrêté des braqueurs, ce sont tous des guerriers».
C’est juste «parce qu’à un moment, ils ont employé des méthodes inhabituelles en BAC» qu’ils ont plongé.
Pourtant, sept mis en examen ( sur les 16) ont passé plus de deux mois en détention. Et paraissent bien plus «accrochés» par les juges d’instruction Patricia Krummenacker et Caroline Charpentier qui préfèrent d’ailleurs boucler leur dossier et les renvoyer devant le tribunal, avant de donner des éléments judiciaires à l’IGPN.
Ainsi, les ripoux supposés «les plus impliqués» selon l’IGPN - que nous surnommons «Grand Seb», «Chipeur», «Pluto», «Le Poulpe», «Cheveux longs», «Petit Jean» et «Gégé» -, risquent de comparaître en conseil de discipline au début de l’automne, avant de répondre en correctionnelle de vols, racket en bande organisée, et trafic de stups.
Les perquisitions dans leurs casiers au commissariat et les sonorisations de leurs véhicules de service ont permis de révéler des pratiques «accablantes» selon le procureur de la République de Marseille et «tout un catalogue d’agissements inacceptables». «Quand on lit les retranscriptions synthétiques des conversations tenues par les fonctionnaires de la BAC dans les véhicules, c’est assez instructif sur les pratiques délictueuses en cours chez les intéressés, avec des fonctionnaires que l’on retrouve nombreux à être dans ce que je considère comme un système organisé de vol, de racket, de trafic de drogue.
Tout y passe et de façon répétée dans le temps», assénait Jacques Dallest le 5 octobre. Aujourd’hui, un commissaire de l’IGPN relativise : «On a mis six mois avec des moyens colossaux pour les faire tomber. On a découvert des pratiques inadmissibles, mais pas d’enrichissement personnel et pas de quoi les envoyer à la guillotine.
C’est grave car il s’agit d’un système mais individuellement, on ne peut les juger que sur des choses que l’on peut prouver.»



Quinze Baqueux passifs qui ont tout vu, tout su, mais se sont tus, recevront un simple blâme ou un avertissement.
Les 16 mis en examen ont tous été réintégrés dans la police, pas à Marseille et pas en BAC, mais recasés dans des commissariats à Manosque, Nice, Antibes, Nîmes, Aix, ou Toulon.
PATRICIA TOURANCHEAU

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