samedi 21 décembre 2013

Mesures d'urgence Capitalo-Libérale Débridé


«mesures d'urgence»

de l'UMP supprimer les 35h

 

C’est techniquement compliqué, dangereux pour l'emploi et politiquement risqué !!!



Cette fois, c’est promis : si elle revient au pouvoir, l’UMP en finira avec les 35 heures. 

Et même avec toute durée légale du travail. Le premier parti d’opposition préconise en effet de renvoyer au niveau de l’entreprise la négociation sur le sujet : c’est-à-dire sur le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, aujourd’hui fixé à 35 heures par la loi. Mais si elle était aujourd’hui au pouvoir, la droite oserait-elle appliquer dès maintenant sa promesse ? Rien n’est moins sûr, pour plusieurs raisons, dont les principales sont détaillées ci-dessous. Prise séparément, aucune n’est insurmontable ; considérées ensemble, elles forment autour des 35 heures une épaisse ligne de défense.
A quoi bon augmenter le temps de travail lorsque les carnets de commandes sont vides et le chômage au plus haut ?
«Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises sont en sureffectif, rappelle Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
En Europe, la plupart des pays ont diminué leur temps de travail, notamment en développant les temps partiels.
En France, la loi sur la sécurisation de l’emploi adoptée cette année facilite également cette solution.»
Certes, si le projet de l’UMP était appliqué, rien n’interdirait aux entreprises de négocier… une baisse du temps de travail.
Mais l’on parierait volontiers que tel n’est pas l’esprit de la mesure. 
A contrario, augmenter le temps de travail peut avoir un sens en période de croissance et de bas chômage, lorsque les entreprises rencontrent des difficultés de recrutement.
Comme au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy : le taux de chômage n’était alors «que» de 7,1%.
On peut mener des réformes impopulaires, mais celle-ci semble particulièrement hasardeuse. Augmenter la durée de travail des salariés a des conséquences sur la vie professionnelle comme sur le temps privé.
C’est aussi réduire les revenus des salariés effectuant des heures supplémentaires, dont la rémunération est actuellement majorée de 25% - alors même que l’opposition a critiqué la refiscalisation de ces heurs sup, adoptée l’an passé par la gauche.
Selon un sondage réalisé pendant la campagne présidentielle de 2012, 57% des Français s’étaient déclarés favorables au maintien des 35 heures - de même que les principaux syndicats.
La pagaille juridique qui suivrait la suppression des 35 heures aurait de quoi décourager plus d’un patron.
Elle rendrait en effet caducs les nombreux accords de branches et d’entreprises conclus au moment du passage aux 35 heures pour en fixer les modalités et contreparties.
Les nouvelles négociations devraient notamment résoudre la délicate question salariale : l’augmentation du temps de travail se ferait-elle à salaire mensuel constant, au détriment des salariés ?
Ou s’accompagnerait-elle d’augmentations ?
Elle exigerait de plus la modification du contrat de chaque salarié, donc son accord individuel.
Contrairement à une idée reçue, les lois Aubry n’ont pas imposé un cadre unique, à 35 heures par semaine pour tous. Elles ont simplement abaissé le seuil au-delà duquel une heure de travail est dite «supplémentaire», et voit sa rémunération majorée. En facilitant le recours à ces heures supplémentaires - notamment avec la défiscalisation en vigueur de 2007 à 2012 -, la droite a paradoxalement renforcé le principe d’une durée légale à 35 heures.
De plus, les lois Aubry ont également permis de fixer le temps de travail sur l’année : dans les entreprises ayant conclu un accord d’annualisation, la durée hebdomadaire peut ainsi varier en fonction de l’activité, dans la limite cumulée de 1 607 heures par an. Pour certains cadres, cette durée est exprimée en jours – 218 par an au maximum.
Dominique ALBERTINI

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