dimanche 7 octobre 2012

Des bébés volés pendant 48 ans,

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 par des religieux franquistes.



Tout a commencé en 1939. Pendant 48 ans, les autorités espagnols prenaient les bébés des femmes républicaines emprisonnées pour extirper d'eux «le gêne rouge» et les confier à des familles franquistes qui les élèveraient «bien». 
 
Il faut savoir qu'il y avait alors en Espagne une main mise de l'Église sur la santé, les orphelinats et les mœurs des femmes. Les sœurs géraient les hôpitaux, les maternités. 
 
Par la suite les sœurs ont décidé de donner à l'adoption des enfants de mère célibataire ou de mère adultère, estimant, pour leur bien, qu'ils seraient mieux éduqués dans une bonne famille chrétienne que qu'avec une mère en «perdition»…

Mais comment cela pouvait-t-il, concrètement se passer ?

La jeune -mère accouchait. On lui disait, avec la complicité du médecin accoucheur, (un franquiste, intégriste religieux , voire membre de l'Opus Dei) que son bébé était mort né. 

Si elle demandait à le voir, c’était glauque : 
on lui présentait un bébé congelé qui servait de preuve. 

Ensuite tout allait très vite : les procédures d'adoption ne reposant que sur la signature de trois sœurs et d'un médecin. 

D'ailleurs les enfants ainsi adoptés étaient déclarés comme enfants biologiques de leurs parents adoptifs. 

Qui eux mêmes, en majorité, n'étaient pas au courant que leur bébé était volé.

À combien estime-t-on le nombre de ces enfants volés ?

300 000 jusqu'en 1987, date ou cette pratique a été arrêtée.

Et pourquoi cela-t-il cessé en 1987 ?

Parce que le gouvernement a mis alors de l'ordre dans les procédures d'adoptions qui ont été mises à plat et régularisées. 
Ce qui a mis fin à la main mise de l'Église sur l'adoption, sur les orphelinats et la santé. 
Et mis un coup d'arrêt à ces pratiques.

Ce scandale a été révélé il y a trois ans en Espagne, pourquoi si tard ?

Parce que depuis quelques années, il y avait des enfants à qui leurs parents n'avaient pas révélé qu'ils avaient été adoptés ceux qui savaient et qui, comme c'est souvent le cas, ont décidé de retrouver leurs parents biologiques.

Et c'est là que le scandale a commencé à faire surface. Et que la presse a commencé à en parler.

Soledad, présidente d'une association de bébés volés, qui recherche son enfant, né en 1981 dont elle a la preuve irréfutable qu'il n'est pas mort à la naissance comme on lui le lui avait annoncé, et qu'elle n'a toujours pas retrouvé… 
 
Cela dit, sur les 300 000 cas, seul une trentaine a retrouvé leur mère.
Beaucoup ne savent même pas qu'ils sont des adoptés. 
 
Et côté maternel, cinquante ans après, la vie est passée et les mères ne veulent pas revenir sur cette douleur…

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