dimanche 27 décembre 2015

C'est l’État d'Urgence pour la protection a l'enfance.



Notre protection de l'enfance

 est à bout de souffle

 


Travailleurs sociaux, magistrats et avocats 

tirent la sonnette d'alarme

Les dispositifs d'accueil des mineurs en 
difficultés sont saturés. Les professionnels, 
travailleurs sociaux, magistrats, avocats, 
demandent des états généraux…


Ils ou elles sont magistrats, avocats, travailleurs sociaux ou psychologues et ont décidé de rassembler au-delà des appartenances syndicales pour déclarer un autre état d'urgence.
Le collectif de Haute-Garonne vient d'envoyer une lettre au conseil départemental, à l'agence régionale de santé (ARS) et à la protection judiciaire de la jeunesse pour demander des états généraux autour de la grande misère des dispositifs d'accueil des mineurs, qui sont débordés et saturés, faute de moyens en adéquation avec les besoins sur le terrain.
«Les nombreux mineurs qui bénéficient d'une décision de placement administratif ou judiciaire, attendent jusqu'à huit mois leur prise en charge, indique le collectif.
Ils sont trimballés de lieux provisoires en lieux provisoires ou accueillis dans des services, qui ne correspondent pas au suivi nécessaire.
Les places ne sont pas adaptées à leur situation, on bidouille».
Enfants victimes de maltraitances voire d'abus sexuels dans leur famille, adolescents en rupture ou souffrant de troubles psychologiques… la réalité de la protection de l'enfance est multiple.
Ils sont près de 3 000 mineurs concernés en Haute-Garonne et fragilisés par des délais devenus insupportables.
«Nombre d'entre eux sont obligés de rester dans leur milieu familial alors même qu'il a été jugé dangereux», dénoncent les professionnels.
Plus de 200 dossiers sont aujourd'hui en panne dans des «tuyaux» institutionnels de plus en plus complexes.
«Le lien n'est pas fait entre les différents intervenants, il faut une meilleure coordination et pour cela il faut que les pouvoirs publics fassent un vrai bilan chiffré des besoins et des manques», souligne le collectif.
En pointant des moyens humains et matériels complètement dépassés et le cloisonnement des services.
«Il y a 700 familles d'accueils qui peuvent accueillir chacune trois enfants voire quatre avec une dérogation, mais ce n'est pas suffisant. Nous n'en avons pas assez».
Parmi les récriminations des professionnels, il y a aussi la lourdeur administrative qui les oblige à remplir des tonnes de dossier pour justifier d'une situation et qui paralyse toute la chaîne.
«Le système est incohérent, explique Virginie Baffet-Lozano, vice-procureur au parquet des mineurs de Toulouse, et membre du syndicat de la magistrature.
On se retrouve avec des décisions de juges, soit un suivi d'éducateur, soit un placement du mineur, qui ne peuvent pas être appliquées avant des mois.
Et nous sommes dans une problématique humaine qui ne supporte pas de délais».
Au bout du compte, l'inadaptation du dispositif d'aide à l'enfance est encore plus coûteux pour la collectivité, estime les travailleurs sociaux avec «des passages à l'acte suicidaires, des conduites addictives, des hospitalisations, ou des incarcérations»…
Il y a vraiment urgence.
Virginie Baffet-Lozano, vice-procureur au parquet des mineur



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