mardi 30 août 2016

Baisse des impôts et des dépenses: la quadrature du cercle.




Tous les pretendants a la 

présidence de la république 

veulent 

réduire les impôts et les dépenses



Sarkozy veut baisser les dépenses publiques de 

100 milliards, Juppé de 85 milliards,
 
Quels impôts et quelles dépenses, ce n'est pas 

très précis.


A supposer que l'un de ces messieurs soit à 
l'Élysée dans moins d'un an, il va devoir savoir. 
Des déclarations vagues, même chiffrées, sont 
destinées à se fracasser sur le mur de l'opinion 
publique lorsqu'elles deviennent bien réelles 
après les élections.
Chez Les Républicains, au moins, on accepte que le gouvernement est obèse.


C'est important et nouveau, car la tradition jacobine y est aussi puissante qu'ailleurs sur l'échiquier politique, héritage gaulliste oblige.
Sous Chirac, le poids des dépenses publiques avait légèrement baissé, passant de 54% à 52% du PIB, l'essentiel ayant été accompli durant le premier septennat, y compris durant la période de cohabitation.
Sous Sarkozy, elles ont augmenté puissamment, de 52% à 57%, et elles ont très légèrement baissé à 56% sous Hollande.
Plus de la moitié des dépenses en France sont publiques!
En Allemagne, on n'en est qu'à 44%, alors qu'en 1995 le niveau était le même qu'en France.
Cette différence de 10% du PIB entre la France et l'Allemagne est une bonne indication de ce que devraient les objectifs du prochain président.
Cette différence de 10% du PIB entre la France et l'Allemagne est une bonne indication de ce que devraient les objectifs du prochain président.
Sauf à affirmer que l'Allemagne est sous-administrée, sous équipée et féroce en matière de politique sociale, il est difficile de justifier l'écart.
Le secteur public est manifestement surdimensionné et donc inefficace en France.
On devrait pouvoir faire aussi bien avec moins, comme les Allemands.
Or 10% du PIB, c'est 220 milliards de dépenses qu'il faut éliminer.
En cinq ans, c'est faisable. C'est ce qu'a fait l'Allemagne entre 1995 et 2000 sous Kohl et Schroeder.
Juppé, Sarkozy et Fillon manquent singulièrement d'ambition.
Nous ne sommes plus à l'ère de la planification, il ne suffit pas d'annoncer des objectifs globaux.


Il est nécessaire de rentrer un peu dans les détails: comment seront réalisées ces économies?
À ce stade de la campagne électorale, le mystère reste presque entier. Les candidats sont d'accord pour sanctuariser l'Éducation Nationale, la Justice, la Défense et la Police.
Comme il est impossible de toucher au poste du service de la dette, c'est une baisse de 22% de l'ensemble de toutes les autres dépenses qui va être nécessaire.
Les célèbres rabots annoncés tous les ans paraissent anecdotiques, c'est la hache qu'il va falloir sortir.
Il en va de même pour le non-remplacement des fonctionnaires, une bonne idée, mais lente et soumise à tous les aléas politiques qui se multiplient en cours de quinquennat.
Idem pour l'allongement de l'âge de départ à la retraite, une mesure incontournable à un moment où les Scandinaves ont choisi 67 ans.
On comprend mieux ainsi la modestie des ambitions affichées.
Il est nécessaire de rentrer un peu dans les détails : comment seront réalisées ces économies ?
À ce stade de la campagne électorale, le mystère reste presque entier.
Soyons optimistes et supposons que dans un sursaut de courage historique, le prochain président baissera les dépenses de 10% du PIB en cinq ans.
Ce serait alors une formidable poussée contractionniste, du niveau de ce qu'ont accompli les Grecs, forcés et contraints par nous, les autres Européens.
La réponse est de redonner du pouvoir d'achat aux Français en baissant les prélèvements obligatoires, et vite.
Face à une baisse des dépenses de 220 milliards, il faudrait viser, disons, 200 milliards.
Là aussi, Sarkozy, Juppé et les autres sont d'accord mais ô combien vagues.
Tout le monde veut arrêter d'étouffer les PME, c'est très bien.
La même unanimité concerne l'imposition des classes moyennes qui a fortement augmenté sous Hollande.
On va voir réapparaître les niches fiscales, qui ont décidément la vie dure.
Mais on est très, très loin du compte. L'ensemble des recettes fiscales programmées pour 2016 est de 290 milliards, dont 144 milliards pour la seule TVA.
Si on veut baisser ainsi les prélèvements obligatoires de 200 milliards, il ne restera plus grand chose.
Autrement dit, c'est infaisable.
Mais comment gagner des élections en promettant du sang et des larmes ?
Le grand absent de ces débats, en dehors des retraites, c'est le budget qui concerne la sécurité sociale, les retraites, les allocations familiales, les allocations de chômage et le maquis des aides sociales.
Ce budget représente en gros la moitié des dépenses et des recettes de l'État.
Les cotisations sociales et la CSG sont des gros postes, la CSG à elle seule récoltant presqu'autant d'argent que les impôts sur les sociétés et sur les revenus réunis.
Mais toucher à ce budget est presque un tabou. D'abord parce que les organismes qui les gèrent sont paritaires, la fameuse sécurité sociale à la française.
Ensuite parce qu'il s'agit d'aider les pauvres, les chômeurs et les vieux, et bien sûr d'assurer la santé qui, comme chacun sait, n'a pas de prix.
Sur le plan électoral, ce n'est pas du tout une bonne idée.
Certains candidats en parlent, un petit peu, mais le flou reste artistique.
Depuis des lustres, les septennats et les quinquennats se succèdent, marqués de ces petites et grandes compromissions qui ont créé la situation actuelle.
Un jour ou l'autre, il va bien falloir s'attaquer à la taille du budget, pas seulement aux déficits. Pour cela, il va falloir sévèrement couper dans les recettes et les dépenses, ce qui va fâcher beaucoup de monde.
Ce ne sera possible que si l'on annonce la couleur à l'avance.
Mais comment gagner des élections en promettant du sang et des larmes?
C'est la quadrature du cercle.

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