dimanche 24 mai 2015

La pedophilie


Le Royaume-Uni face à l’horreur

 pédophile


La police suspecte 1 433 personnes, dont plusieurs personnalités, d’abus sexuels sur mineurs .




Ce ne sont plus des rumeurs ou des soupçons.
Ce ne sont plus quelques voix disséminées.
Ce sont désormais des centaines de milliers de cris qui se déversent dans un flot qui ne tarit plus. 
 
La police britannique a révélé mercredi le résultat intermédiaire d’une enquête sur des abus sexuels commis sur des mineurs, datant parfois de vingt ou trente ans, par des célébrités ou des figures influentes, dont des hommes politiques.
 
Et ces révélations sont effrayantes. «Nous parlons de centaines de milliers de victimes», a indiqué le commissaire Simon Bailey, qui dirige l’opération Hydrant, chargée de coordonner au niveau national les différentes enquêtes locales dans le pays.


A ce jour, 1 433 suspects ont été officiellement identifiés
 
Sur ce nombre, au moins 261 sont des personnes «publiques», dont 135 issues des milieux de la télévision, du cinéma ou de la radio et au moins 76 de la politique. Westminster, la BBC, écoles, foyers, hôpitaux, prisons, centres sportifs ou socio-culturels, casernes militaires : aucun groupe, aucune association, aucune institution de la société britannique ne semble échapper à cette immense enquête, à ce gigantesque coup de balai, à cette douloureuse prise de conscience.



Le déclic a été l’affaire Jimmy Savile. Cette ancienne star de la BBC s’est révélé être un prédateur sexuel pédophile d’une ampleur sans précédent. Pendant plus de trente ans, ce présentateur excentrique a abusé des milliers d’enfants, utilisant sa notoriété et son statut de philanthrope pour satisfaire ses instincts mais aussi pour empêcher toute enquête sur sa personne. Il est mort, dans son lit et jamais inquiété, en octobre 2011.

«Nous assistons à une augmentation absolument sans précédent du nombre de cas d’abus signalés.» Depuis 2012, la police a constaté une croissance de 71% des abus signalés. 
 
En 2014, le nombre de plaintes a atteint le nombre de 116 000.
Tous ces abus ne datent pas du passé, seule la moitié remonte parfois à plusieurs décennies. Au moins 216 des suspects sont d’ailleurs décédés.
La parole s’est libérée et le vertige atteint les enquêteurs chargés de démêler les fils des multiples enquêtes. 
 
La tâche, monumentale, implique l’inscription sur une seule base de données des 1433 suspects pour permettre de les «croiser» avec les données recueillies par chaque force locale afin d’éviter les doubles enquêtes. Mais se pose aussi le problème de pouvoir prouver des faits anciens et juger les suspects.

Sénile. Mi-avril, la décision du Crown Prosecution Service, le parquet britannique, de ne pas poursuivre lord Janner, 86 ans, pour des abus commis dans des orphelinats dans les années 70 et 80, a scandalisé. Membre travailliste de la Chambre des lords, la chambre haute du parlement, lord Janner est atteint de démence sénile et les juges ont estimé qu’il était donc impossible de procéder à un procès équitable.
Pour Tom Watson, député travailliste qui fût l’un des premiers à évoquer l’existence passée d’un réseau de pédophiles au cœur du Parlement, cet afflux de révélations n’est qu’un début

 «Nous commençons seulement à comprendre comment notre pays, sur plusieurs générations, a réussi à refuser de voir le scandale des abus sexuels sur les enfants. Les survivants méritent justice et les futures générations nécessitent une plus grande protection.»
De notre correspondante à Londres Sonia Delesalle-Stolper .

Comment la France a-t-elle échappé à cette monstruosité ?



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