mardi 12 mai 2015

Falashas




Les Éthiopiens d'Israël menacent d'une «Intifada noire»


Des heurts ont éclaté vendredi soir, dans le centre de Jérusalem, entre plusieurs centaines de Juifs d'origine éthiopienne et la police israélienne.
Les manifestants étaient venus protester contre le récent passage à tabac d'un soldat issu de leur communauté, et dénoncer les discriminations dont ils s'estiment victimes.
La foule en colère, qui tentait d'approcher la résidence du premier ministre, a jeté des pierres et des bouteilles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes.
La manifestation, qui avait débuté dans l'après-midi, a paralysé le centre-ville jusque tard dans la soirée.

Cette confrontation sans précédent intervient après la diffusion d'une vidéo filmée dimanche par une caméra de vidéosurveillance dans une rue de Holon, une localité située au sud de Tel Aviv.
A l'image, un jeune soldat d'origine éthiopienne, Damas Pakedeh, est pris à partie par un policier qui lui demande de s'éloigner avant de le rouer de coups, visiblement exaspéré par sa réticence à obtempérer.
Malgré la suspension immédiate du fonctionnaire, la séquence s'est propagée à toute vitesse sur les réseaux sociaux et a cristallisé les frustrations de cette communauté. «Des incidents de cette nature relèvent de la routine pour certains citoyens, qui ont le sentiment d'être devenus le punching-ball de la police», déplore le journaliste Dani Adino Abeba, dans le quotidien Yediot Ahronoth.

«Israël fait des efforts pour leur intégration»,

«Tout le monde dit que les Arabes et les travailleurs étrangers sont des citoyens de seconde zone, mais nous nous sentons plus mal traités encore que ces populations», affirme l'activiste Iftachel Rata, dans le quotidien Maariv. «Voici le prix à payer pour plusieurs années d'indifférence et de racisme», a pour sa part expliqué Gadi Yevarkan, directeur d'un Centre pour l'égalité sociale des Juifs éthiopiens, en marge des affrontements.
«Nos jeunes sont désespérés, estime-t-il. Si le gouvernement n'agit pas, ce n'est que le début…»
Visiblement attentif à cette poussée de colère, Benyamin Nétanyahou a condamné jeudi soir le passage à tabac intervenu à Holon.
«Les responsables de ces actes seront châtiés», a indiqué le premier ministre, avant de préciser: «Les immigré éthiopiens et leurs familles nous sont précieux, l'Etat d'Israël fait des efforts pour faciliter leur intégration au sein de notre société et le prochain gouvernement continuera à faire de même.»
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, s'est pour sa part rendu à la rencontre des protestataires pour tenter de ramener le calme.

125.000 juifs éthiopiens

La communauté juive éthiopienne en Israël, qui compte environ 125.000 membres, est arrivée en plusieurs vagues tout au long du vingtième siècle.
Mais c'est dans les années 80 et 90 que leur afflux fut le plus important.
L'opération Salomon, en 1991, permit notamment de convoyer depuis Addis-Abeba plus de 14.000 Juifs voulant fuir l'instabilité et la misère.
Trente-quatre rotations aériennes furent à l'époque organisées en l'espace de deux jours.
L'absorption de cette population, peu éduquées et en butte à de nombreux préjugés, ne va cependant pas de soi.
Vivant principalement dans de petites localités du centre d'Israël, de nombreux Juifs éthiopiens s'estiment victimes de racisme ainsi que de discriminations dans l'accès à l'emploi et à la fonction publique.
L'Etat, ces dernières années, a pris diverses mesures pour tenter de corriger ces inégalités, mais celles-ci se sont manifestement révélées insuffisantes.
Le journaliste Dani Adino Abeba prévient d'ailleurs: «si la hiérarchie policière ne se donne pas les moyens de mettre un terme aux violences subies par les descendants d'immigrants éthiopiens, nous assisterons à une intifada noire émaillée de graves violences».

1 commentaire:


  1. Israël a commémoré la Shoah,
    Mais laisse 40% des derniers rescapés des camps nazis vivre sous le seuil de pauvreté.

    Instaurée en 1951, cette journée du souvenir est l’un des moments les plus forts de l’année civile israélienne.
    Une journée pesante et triste durant laquelle les cérémonies commémoratives succèdent aux offices religieux pendant que les plus hautes autorités de l’Etat égrènent, un par un, le nom des disparus.
    «Il est normal qu’Israël perpétue le souvenir de l’Holocauste, mais pourquoi ne s’occupe-t-elle pas du sort des "tatoués" tous les jours ?

    un tatoué

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