mardi 26 décembre 2017

NOUVELLE PLAIE MORTELLE DU 21ième SIECLE





LE FENTANYL

DE L’HÉROÏNE

DE SYNTHESE


Aux Etats-Unis, 
cette nouvelle héroïne 
mexicaine cause des 
ravages en particulier 
lorsqu’elle est coupée 
avec du Fentanyl, un 
opioïde de  synthèse.
Cinquante fois plus 
puissant que l’héroïne, le 
Fentanyl peut causer la 
mort par simple contact 
avec la peau.



«La Chine a durci ses contrôles à l’encontre du Fentanyl.
Les organisations mexicaines ont les moyens financiers pour le produire.
Contrairement à l’héroïne ou la cocaïne, il ne dépend pas de cycles de récoltes.
Il est entièrement fabriqué en laboratoire, à un coût inférieur, et la marge de profit est beaucoup plus élevée.
Il est trafiqué en plus petites quantités, plus faciles à dissimuler.


Les cartels mexicains vont exploiter cela au maximum. Jusqu’à présent, ils introduisent principalement le Fentanyl par les mêmes canaux que l’héroïne, dissimulée dans des véhicules qui franchissent les postes-frontières. Mais ils utilisent aussi le trafic par courrier postal, depuis la Chine et vers les Etats-Unis. 
Le Fentanyl est extrêmement compliqué à détecter. 
Les agents doivent prendre davantage de précautions pour ne pas s’exposer à son contact, qui peut être mortel.»



Quand on l’interroge sur l’impact plus mesuré du Fentanyl en Europe par rapport aux Etats-Unis, le porte-parole de la DEA s’exclame : «L’Europe et le monde entier devraient être en alerte face à cette drogue si puissante, addictive et létale !»
L’été dernier, 66 kilos de Fentanyl, un record aux Etats-Unis, ont été découverts chez un couple de quinquagénaires mexicains à New York.
Dans cette ville, les saisies de Fentanyl ont été multipliées par dix depuis l’an dernier.
Elles sont majoritairement connectées, selon la DEA, au Cartel de Sinaloa, dont la flotte serait plus importante que celle d’Aeromexico


«La drogue passe au nord par la même voie que les armes qui viennent des Etats-Unis, analyse Alberto Islas, directeur de Risk Évaluation, consultant spécialisé en sécurité et crime organisé.
La grande lacune du Mexique, ce sont les contrôles douaniers.
Ici, les gens sont tués par des armes vendues aux Etats-Unis, qui ont franchi clandestinement les postes-frontières.»
A écouter cet expert, le contrôle par les cartels des ports maritimes, également soumis à des inspections déficientes, contribue à expliquer l’essor de la production de drogues synthétiques, l’autre inquiétude des Américains.
Le cartel Jalisco Nueva Generación, issu d’une scission avec le Cartel de Sinaloa, s’est ainsi emparé d’une grande part du marché florissant des méthamphétamines.
Importés de Chine, d’Inde et d’Amérique du Sud, les précurseurs chimiques qui servent à leur fabrication entrent par le port Lázaro-Cárdenas, sur le Pacifique.
«Cette région, l’Etat du Michoacán, est truffée de laboratoires», affirme l’ex-policier fédéral.
Depuis 2012, l’armée mexicaine a confisqué plus de 90 tonnes de méthamphétamines et démantelé plus de 600 narco laboratoires à travers le pays.
«En réalité, seule une infime partie de ces centres de production est détruite par les autorités», pointe l’ancien policier, qui accuse les militaires d’être largement impliqués dans le trafic de précurseurs et dans la protection accordées à certains narco-laboratoires.

Internationalisation

Depuis la guerre contre les cartels, officiellement déclarée en 2006, des dizaines de narcotrafiquants de premier rang, outre El Chapo, ont été arrêtés.
Toutes les organisations ont été visées par ces arrestations ciblées.
Et pourtant, paradoxe supplémentaire de cette guerre qui tourne en rond, les cartels en sont sortis renforcés.
«La stratégie de la décapitation des cartels, via les arrestations de leurs leaders, n’a rien résolu», confie Martín Gabriel Barrón, de l’Institut national de sciences pénales, un centre d’études qui dépend du parquet fédéral mexicain.
Il explique : «A la fin du mandat de Calderón, en 2012, il y avait 7 cartels importants et 49 sous-groupes.
Cinq ans plus tard, il y a 9 cartels et plus de 130 sous-groupes», détaille ce spécialiste du narcotrafic.
Les arrestations ont avivé les rivalités entre les différentes factions à l’intérieur des cartels, qui se sont livrées à une guerre de succession, sans pour autant s’affaiblir.
«Ils se sont fragmentés, mais ils sont toujours aussi actifs. Ils se sont globalisés davantage», estime Martín Gabriel Barrón.
Preuve de cette internationalisation : le seul Cartel de Sinaloa est présent dans 54 pays et les Zetas ont des liens plus étroits que jamais avec la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, qui importe la cocaïne en Europe.
Dans l’Etat du Tamaulipas (nord-est du Mexique), fief des Zetas, le capo Giulio Perrone, l’un des membres de la mafia napolitaine les plus recherchés en Italie, a d’ailleurs été interpellé en mars.
Ces dernières années, plusieurs ex-gouverneurs mexicains ont également été arrêtés et certains sont actuellement jugés aux Etats-Unis pour leur protection accordée aux cartels.
Le dernier en date, Eugenio Hernández, ex-gouverneur du Tamaulipas, a été interpellé en octobre, accusé de blanchir l’argent du crime organisé.
Parmi les cinq témoins, deux ont été assassinés, un s’est suicidé et un autre a disparu.
L’affaire des témoins liquidés est citée ces jours-ci par la presse mexicaine comme l’un des exemples macabres de la corruption, la clé du succès des cartels mexicains. La condition indispensable à la prospérité des narcos.
D'APRÈS UN TEXTE DE E STEELS de Liberation

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