samedi 5 mars 2016

Nos agriculteurs se et nous tuent pour survivre ?



Des pesticides dangereux pour la santé retrouvés dans les maisons proches des cultures



L'association Générations Futures annonce 
avoir trouvé jusqu'à 30 pesticides dans des 
échantillons de poussières prélevés dans des 
habitations proches d'exploitations agricoles.
 
Dans le cadre de sa série d'enquêtes sur les pesticides 
perturbateurs endocriniens lancée en 2013, l'association de 
défense de l'environnement Générations Futures a révélé ce 
mardi les résultats de sa sixième étude EXPPERT (EXposition 
aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens), cette fois-ci 
focalisée sur la contamination des foyers voisins des 
exploitations agricoles. 
 
Les poussières de 22 habitations situées à côté 
d'exploitations céréalières, de vergers ou de vignes ont été 
prélevées et analysées. Le rapport annonce qu'entre 8 et 30 
pesticides destinés à l'agriculture ont été retrouvés dans ces 

échantillons prélevés dans des lieux de vie (salon, cuisine, chambres). 
Parmi ces produits, 60 % sont des perturbateurs endocriniens.



«Un perturbateur endocrinien est une substance susceptible d'interagir avec nos systèmes hormonaux, soit de manière agoniste quand il agit comme l'hormone qu'il perturbe et en augmente l'effet, soit de manière antagoniste en se fixant sur les récepteurs hormonaux et annulant ainsi l'effet ou en modifiant les quantités d'hormone sécrétées, explique le Pr Corinne Charlier, chef du service de toxicologie clinique du centre hospitalier de Liège.
L'exposition peu se faire par voie cutanée, alimentaire ou respiratoire et peut engendrer de nombreuses anomalies telles qu'une baisse de la fertilité masculine, une puberté précoce chez la jeune fille, ou encore des diabètes de type 2».

20 pesticides par habitation

Mais l'enquête de Générations Futures de permet pas de prendre la mesure de l'impact de ces poussières contaminées sur la santé. «En l'absence d'analyses biologiques sur les habitants concernés, on ne peut savoir les conséquences biologiques de la présence de ces perturbateurs endocriniens», précise la toxicologue liégeoise. Selon François Veillerette, porte-parole de Génération Futures, «ce n'était pas le but de cette enquête. 
Nous souhaitions ici mettre en avant la diversité des pesticides perturbateurs endocriniens issus de l'agriculture.» Le rapport EXPPERT 3 avait déjà établi en 2014 la présence de perturbarteurs endocriniens dans les cheveux d'enfants scolarisés en milieu agricole.
Comme le reconnaissent les auteurs de l'enquête, cette étude est limitée par son échantillonnage: vingt-deux foyers analysés sur toute la France ne sont pas représentatifs d'un problème à grande échelle. François Veillette justifie ce faible chiffre par les critères de sélections restrictifs pour rentrer dans l'étude.
 «Les foyers ont étés choisis parmi des sympathisants de l'association s'étant déjà fait connaître car confrontés aux pesticides. 
Nous avons exclu ceux qui utilisent des produits pouvant contenir des molécules similaires aux pesticides (produits de jardin, lasures,  )». Pour faire le lien entre la présence de ces perturbateurs endocriniens dans les maisons et l'exploitation agricole voisine, le porte-parole de l'association explique: «Avec la comparaison entre les prélèvements de juillet et ceux de janvier, on prouve sur cinq foyers que la quantité de pesticides présente est liée à la saisonnalité et donc à l'agriculture»

Les perturbateurs endocriniens sont partout

Les pesticides utilisés en agriculture sont une source déjà identifiée de perturbateurs hormonaux mais pas la seule, rappelle le Pr Charlier.
«Ils sont partout, sous forme de parabènes dans les cosmétiques ou de bisphénols
A dans les plastiques.
Ça ne sert à rien d'épingler le milieu agricole pour ça.»
Mais en cette première semaine de salon de l'agriculture et alors que la Commission européenne vient d'être condamnée par le Tribunal de l'Union européenne pour avoir trop tardé à établir une réglementation claire sur les perturbateurs endocriniens, il était urgent, estime l'association, de mettre en avant ces produits toxiques.
Objectif: influencer la future réglementation européenne et tirer vers le haut les futurs critères de restriction des pesticides perturbateurs endocriniens.
Par figaro icon Louis Grillet

1 commentaire:

  1. De la cocaïne et du Prozac dans les saumons de Seattle

    Des scientifiques américains ont retrouvé pas moins de 81 sources médicamenteuses dans les tissus organiques de saumons pêchés dans le Puget Sound, sur la côte pacifique des Etats-Unis.

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