samedi 1 mars 2014

DES LOBBY CRIMINELS



La qualité du sperme humain décline


Midi-Pyrénées et Aquitaine sont les deux régions de France les plus touchées par la baisse de la qualité des spermatozoïdes. L’étude médicale réalisée pointe du doigt les pesticides.



L’étude médicale réalisée pointe du doigt les pesticides.


La La qualité du sperme humain décline partout en France.
Si ce phénomène a déjà été constaté depuis plusieurs années au niveau national, une étude menée conjointement par l’Institut de veille sanitaire et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient d’analyser ce phénomène région par région.
nos deux régions où la baisse de la concentration moyenne de spermatozoïdes est la plus cuisante. C'est là, également, que l’on note une hausse sensible du nombre de spermatozoïdes anormaux.
Selon ces chercheurs, ces constatations renforcent l’hypothèse que cette altération serait la conséquence d’une exposition environnementale à des perturbateurs endocriniens.
Dans ces deux régions, à forte vocation agricole, la population serait particulièrement exposée aux pesticides, ces perturbateurs endocriniens que l’on ingère par l’eau, l’air et la consommation de produits agricoles.
C’est à partir d’échantillons recueillis auprès de 26 000 hommes dans le cadre d’une étude réalisée par l’équipe du docteur Joëlle Le Moal de l’Invs, que ce déclin de la qualité du sperme a pu être analysé région par région.
Ces échantillons, provenant des 126 principaux centres du pays voués à des programmes d’assistance médicale à la procréation (AMP), ont été prélevés entre 1989 et 2005.
Et, les conclusions sont formelles : «elle montre une diminution significative et continue de la concentration de sperme atteignant 32,2 % sur la période étudiée» rapporte le docteur Le Moal.

Pour un homme de 35 ans, la concentration moyenne est ainsi passée de 73,6 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme en 1989, à 49,9 millions de millilitres en 2005.

L’emploi des pesticides provoque aussi des atteintes irréversibles chez le fœtus. 

Le monde agricole n’ignore pas le danger de l’utilisation de certains produits phytosanitaires mais, comme le fait remarquer un maïsiculteur des Hautes-Pyrénées, «l’industrie et les institutions nous ont engagés dans cette voie de production et il est bien difficile aujourd’hui d’en sortir».


Ch Sultan, professeur en endocrinologie pédiatrique et responsable du groupe Inserm au CHU de Montpellier.

«Dans la région, la situation est alarmante»

 

Charles Sultan est l’un des plus grands pédiatres endocrinologues au monde. Ses travaux lui ont valu de se voir décerner, en 2011, le prix mondial Andrea Pader. Rencontre.

Cette étude sur le sperme vient confirmer ce que vous dites depuis des années.

 À savoir que les pesticides sont dangereux pour l’homme ?

«On le voit, les spermatozoïdes sont touchés de plein fouet par les pesticides. 

Moi, au quotidien, dans mon travail de pédiatre endocrinologue, je vois une explosion des cas de puberté précoce (chez les filles) et de malformations génétiques chez les garçons.

 Chez ces derniers, ces produits ont un effet anti hormones mâle.

Ces pesticides attaquent le fœtus et ces atteintes sont irréversibles.

Les enfants de Midi-Pyrénées et Aquitaine sont-ils particulièrement touchés ?

Partout, les pesticides font des ravages. 

Mais, c’est vrai que dans ces régions, comme en Languedoc-Roussillon également, on assiste à une montée en flèche du nombre d’enfants souffrant d’affections provoquées par les pesticides.

La situation est alarmante. Pour exemple, en 2000, mon service traitait entre 25 et 35 cas de puberté précoce par an. L’an dernier, nous en avons enregistré 105. Bon nombre de ces filles venaient de ces régions.
Des enfants sont-ils plus exposés que d’autres ?

Les gamins d’agriculteurs, particulièrement exposés aux pesticides, sont quatre fois plus touchés que les autres. 
 
En plus de ces pubertés précoces et malformations génitales, ces produits sont à l’origine de graves troubles du comportement et d’altération du développement psychique.
Pensez-vous qu’il soit plus que temps de prendre des mesures ?
Cela fait plus de 20 ans que moi et d’autres scientifiques se battent pour ça. 
 
Le Grenelle de l’environnement a pris en compte ces données, tout comme les agences régionales de santé et l’Institut national de veille sanitaire mais la décision est politique et l’on se heurte au lobby de l’industrie qui est très puissant et ne veut pas lâcher prise. 
 
Dans d’autres pays, des programmes sans pesticide ont vu le jour et cela fonctionne.
 Alors pourquoi pas ici ? 
 
Il en va de notre conservation.
G.A

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