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jeudi 17 novembre 2016

PAUVRES PETITS


 

Les patrons de TPE

gagnent en moyenne 4200€ net

 par mois

et travaillent 47h par semaine

dimanche 13 novembre 2016

USA




la société repose


sur un faux-semblant :que 


tout à


chacun peut réussir.



Sauf que ce sont les mêmes qui 

réussissent et que le niveau 

d’inégalités est intolérable pour 

beaucoup de gens.


Avec des gens qu'on a très peu instruits et qui sont mécontents de leur sort, c’est facile de trouver des boucs émissaires.

Il s’agit d’une démagogie low-cost.
 
Ça marche, et c’est effrayant. Sanders aurait été candidat, le débat aurait été de meilleure qualité. Clinton n’a pas été à la hauteur du défi, elle était dans une continuité après avoir été secrétaire d’Etat et la femme de Bill Clinton.

Beaucoup de spécialistes prédisaient la victoire de Clinton,
comment expliquer sa défaite?
Je n’aurais pas parié sur
Trump, même la veille.

Mais en fait, c'est méconnaître les vrais problèmes de l’Amérique depuis la crise des subprimes, où les gens des classes populaires ont été littéralement épongés.
Pour ces électeurs, Trump est-il un modèle de l’Américain qui réussit?
C’est en tout cas le modèle de la grande gueule qui plaît à des gens pour qui Hillary Clinton est vieille, fatiguée, avocate de la grande bourgeoisie qui ne peut pas les comprendre.

«"La peur de la société dans laquelle on entre, crée une envie du passé"»

Donald Trump a aussi fait campagne sur l’opposition entre Américains et Mexicains, entre hommes et femmes…. Le résultat de l’élection valide-t-il sa grille de lecture?

Dans les années 1970, il y avait déjà un clivage considérable.

Aujourd'hui, il y a les Noirs, les Mexicains, les femmes ou les Chinois… La cohésion se fait bien souvent dans la désignation d’un ennemi commun, même si les gens ne le perçoivent pas au quotidien. 
Les médias ont leur part de responsabilité, aux Etats-Unis, où les gens passent leur temps devant des émissions sur des flics qui arrêtent des gangs dans les banlieues. 
L’insécurité est renforcée par l’image qui en est véhiculée.
Ce climat est aussi palpable en France, le résultat pourrait-il être le même dans six mois?

Oui, car le sentiment d’insécurité par rapport aux terroristes crée une forte psychose.

Dans ces cas-là, cela favorise l’imaginaire d’un État fort qui mettrait tout le monde en prison.
Mais jamais, on n’explique aux gens qu’il s’agit d’un problème de partage, comme dans toutes les sociétés.
Aux États-Unis, il n’y a pas de partage et quand on est malade, on est mort.
La société fonctionne au mérite, avec un faible nombre de milliardaires. Tout cela est une vaste tromperie.

Trump, "la réalisation d'un cauchemar"


Peut être parce que le clivage capital-travail n’a plus d’avenir.

La société numérique va vers la robotisation, l’automatisation et la disparition des emplois les moins qualifiés.
Et il y a une détresse face à ces transformations.
En Europe, on arrive à la contenir avec des allocations chômage, avec une santé gratuite… Pas aux États-Unis.
La recette de Trump, qui voulait rendre à l’Amérique sa grandeur… le retour à l’âge d’or?
Il y a une sorte de nostalgie d’un temps qui n’a pas existé, ou très peu de temps pendant les Trente Glorieuses. 
 
Comment les sociétés occidentales vont évoluer et quelle sera la place de chacun? 
 
La révolution numérique est plus considérable que la révolution industrielle et celle de l’énergie. 
 
Les gens ne la comprennent pas et votent par désespoir. 
Ils se disent : "Il y a un homme qui me promet qu'il sait ce qu’il faut faire, il m'a convaincu, allons-y."

«"Le FN ne ferait-il pas le score qu’il fait, si Hollande avait pu tenir ses promesses"»

S’agirait-il d’une défaite des idées et des élites?

C’est une défaite de la démocratie. Depuis vingt ans, la démocratie se déprécie en raison de promesses extravagantes très difficiles à tenir en ces temps de crise mondiale.

Les électeurs se tournent vers ceux qui parlent leur langage courant ils n'ont pas besoin de filtre pour s'identifier et y adhérer .
Ils sont incapables de voir la démagogique et populiste du discours.
Trump peut-il tenir ses promesses?
Aujourd’hui, pour les Chinois, le vrai patron des États-Unis est le président de Google.

La marge de manœuvre des politiques est faible, ils ne peuvent rien révolutionner.
Pour moi, Trump est la réalisation du cauchemar : les politiques n’ont plus prise sur le réel et peuvent dire n’importe quoi pour se faire élire, sachant qu’ils ne feront rien.
Le modèle démocratique est en péril car il est rongé de l’intérieur.
Trump est clairement dans l’ancien monde, il crée un écran de fumée, d’autant plus dramatique que la société numérique se met en place sans les politiques.
Le travail est en train de disparaître dans la conception qu’on en avait.
La technologie l’emporte, elle mène le monde. Pas la politique.
La technologie va-t-elle tuer la démocratie ?
Oui.
Avec Internet, on va se retrouver dans une société ou la notion de fraternité et de liberté va exploser.
Croire qu’un homme peut changer les choses est illusoire dans cette nouvelle révolution sociétale et numérique.
Sur un texte de T Le Meneec




mercredi 9 novembre 2016

Utopie ou réalité





REVENU UNIVERSEL



Revenu de base, allocation universelle, revenu 
d’existence, revenu citoyen…
Les appellations divergent mais l’idée est la 
même : verser à tout citoyen d’un pays donné, 
sans aucune condition, une somme mensuelle 
fixe.

Le Mouvement français pour le revenu de base  
le définit comme «un droit inaliénable, 
inconditionnel», versé «de la naissance à la 
mort», de manière individuelle, 
indépendamment de la situation familiale et 
financière du bénéficiaire et «cumulable avec 
d’autres revenus».

Fixé à environ 700 ou 800 euros dans la plupart 
des projets, ce revenu pourrait s’ajouter à 
certaines allocations (par exemple l’aide au 
logement) ou les remplacer.

Le dispositif aurait pour effet, selon ses 
défenseurs, d’éliminer la grande pauvreté en 
versant aux citoyens de quoi subvenir à leurs 
besoins vitaux (logement, santé, alimentation).

Chaque individu aurait la possibilité de 
travailler ou non, et pourrait occuper son 
temps 
comme il l’entend, en se consacrant à une ONG, 
une association, à une activité culturelle ou 
encore à sa famille.



Qui défend le revenu universel ?

L’idée, qui date du XVIIIe siècle, est reprise par de nombreux chercheurs et des courants de pensée très divers, des anarchistes aux écologistes en passant par les libertariens ou les ultralibéraux. 
Elle est portée par des personnalités de gauche, comme Le socialiste B Hamond ,Melancho, du FG, Nouvelle Donne qui en a font des sujets de sa campagne pour la primaire, et de droite La repuplicaine NKM, député qui défend une allocation de «800 à 1 000 euros»).
Si la question dépasse le clivage gauche-droite, ses partisans défendent des visions différentes.
Pour les libéraux, l’objectif du revenu universel est de rationaliser le système d’aide social, en remplaçant l’ensemble des prestations sociales existantes.
Dans cette version, élaborée à l’origine par l’économiste Milton Friedman, le revenu de base doit rester faible, volontairement insuffisant.
Couplé avec une suppression du salaire minimum et des prestations sociales, il est destiné à éliminer la grande misère, mais aussi à flexibiliser le marché du travail et à réformer un Etat-providence jugé inefficace. 
Pour les partisans d’une vision «émancipatrice» du revenu universel, pas question en revanche de remettre en question la protection sociale.
L’allocation est vue comme un outil donnant aux individus les moyens de se prendre en charge, et incitant au développement d’activités non-marchandes, associatives, culturelles, citoyennes.
C’est cette vision qui est défendue notamment par le Mouvement français pour un revenu de base.
Le sociologue et économiste Bernard Friot incarne de son côté une troisième voie, plus radicale et pensée comme une alternative au capitalisme, celle du «salaire à vie».
Les richesses seraient mutualisées dans une caisse dédiée, chargée de redistribuer un salaire à tous les citoyens dès 18 ans en fonction de leur qualification, en se fondant sur l’idée que toute activité est créatrice de richesse.

Quel en serait le coût ?

Le coût irait d’un peu moins de 200 milliards d’euros par an pour un montant autour de 500 euros mensuels à près de 400 milliards (soit un cinquième du PIB annuel de la France) pour 1 000 euros, d’après l’AFP.
Le sénateur EE-LV Jean Desessard, auteur d’une proposition de résolution pour l’instauration du revenu de base rejetée en mai, estime lui que le coût se situerait autour de 400 milliards d’euros par an pour un montant équivalent au RSA actuel, soit 525 euros. Pour la Fondation Jean Jaurès, un revenu de base de 500 euros par mois coûterait 336 milliards d’euros à l’Etat (504 milliards pour 750 euros par mois et 675 milliards pour 1 000 euros).
Pour financer ce coût, les partisans de l’approche libérale défendent une suppression des aides sociales et une refonte de l’impôt sur le revenu, qui il ne serait plus progressif mais proportionnel dès le premier euro (fixé, par exemple, à 25% des revenus) et prélevé à la source. Le solde entre le revenu de base perçu par chaque individu et l’impôt sur le revenu payé par chaque individu serait positif pour les plus aisés et négatif pour les plus bas revenus. Ce qui reviendrait à comptabiliser le revenu de base comme un crédit d’impôt.
L’approche «émancipatrice» envisage, elle, un financement via une hausse de l’impôt sur le revenu pour les plus hauts salaires, de nouvelles taxes sur le patrimoine ou sur les transactions financières, une meilleure taxation des profits des multinationales, voire la création monétaire.



Le revenu universel a-t-il déjà été testé ?

Il est actuellement expérimenté sous une forme (très) alternative en Alaska. L’Etat américain reverse chaque année depuis 1982 les revenus du pétrole et du gaz à ses résidents installés depuis plus de 5 ans. En 2015, ce revenu, nommé l’Alaska Permanent Fund, s’élevait à un peu plus de 2 000 dollars par personne et par an (environ 1 800 euros). Ce «dividende » citoyen fait débat, une partie de la classe politique proposant de réduire son montant afin de combler le déficit budgétaire de l'Etat, lié à la baisse du prix du baril.
Le Brésil a inscrit le revenu universel dans sa Constitution en 2004, comme un idéal à atteindre. Entre 2008 et 2014, une allocation, conditionnée à la scolarisation des enfants, a été versée aux familles les plus pauvres. Ce programme, intitulé Bolsa Familia, a permis d’améliorer le taux de scolarisation et de sortir de la pauvreté un très grand nombre de foyers.
A partir du 1er janvier 2017, la Finlande va également faire une expérimentation visant à simplifier son système d’aide sociale : pendant deux ans, 2 000 chômeurs de 25 à 58 ans toucheront 560 euros par mois au lieu des différentes prestations auxquelles ils avaient droit.
En Allemagne, seize citoyens tirés au sort perçoivent un revenu de 1 000 euros pendant un an, financé via une plateforme de crowdfunding. Les Suisses, en revanche, ont rejeté à près de 76% lors d’un référendum organisé en juin dernier un projet de revenu de base à 2 000 euros.

Que lui reprochent ses détracteurs ?

Utopique et coûteux, le dispositif, pour ses opposants, encouragerait l’oisiveté, généraliserait l’assistance et mépriserait la valeur travail.
Certains craignent aussi qu’il se transforme, dans sa version libérale, en instrument d’exploitation : d’un montant trop faible pour se passer de travailler, il offrirait au capitalisme une «armée de réserve» où puiser des travailleurs partiellement rémunérés par un faible revenu d’existence, soulève le sociologue Robert Castel.
D’autres redoutent aussi que le dispositif renvoie les femmes au foyer.
L’expérimentation d’un impôt négatif, sorte de revenu de base allégé, aux Etats-Unis dans les années 1970, a en effet entraîné une baisse du temps de travail supérieure chez les femmes, note Terra Eco. Barbara Garbarczyk, qui milite pour l’instauration d’un revenu de base en Belgique, estime que malgré cet écart, ce dispositif «va dans le sens de l’émancipation des femmes» : un revenu de base, puisqu'’il est versé à chaque individu et non à chaque ménage, renforcerait l’autonomie et l’indépendance économique des femmes, particulièrement touchées par la précarité.

jeudi 3 novembre 2016

Expression du jour



Les candidats de la droite et du 
centre partagent surtout un 
«programme commun» en forme de 
potion libérale plus ou moins 
amère.

De quoi faire passer le social-
libéralisme actuel pour une vraie 
politique de gauche.

mercredi 12 octobre 2016

ISF et les riches


 

Plafonnement de l’impôt sur la fortune 

un milliard a été remboursé aux plus riches




Fichu plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). 

Encore une fois, en 2015, il aura privé les caisses de l’Etat de 1,077 milliard d’euros, retournés directement sur les comptes des contribuables les plus fortunés.

Une somme que se sont partagée une petite dizaine de milliers de redevables de l’ISF : 9 575 très exactement.




C’est ce qu’indique la note du secrétaire d’Etat au budget, Christian Eckert, adressée en réponse à une demande du président (Les Républicains) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez, révélée par Le Figaro du 11 octobre. 
Une ristourne correspondant à un montant moyen de 112 480 euros. 
Mieux, 3 590 foyers fiscaux possédant un patrimoine imposable supérieur à 10 millions d’euros captent à eux seuls 944 millions d’euros de remboursement, soit une somme moyenne de 263 000 euros.
Ainsi, alors que le nombre de contribuables de l'ISF augmente d’une année sur l’autre de plus de douze mille  342 942 déclarations en 2015 contre 331 010 en 2014 –, le produit de cet impôt, lui, reste quasiment stable : 5,224 milliards d’euros en 2015 contre 5,198 milliards l’année précédente (Le Monde du 10 juin). 
Et pour cause : les riches chérissent le plafonnement, le gouvernement le maudit, sans toutefois parvenir à assouplir le dispositif actuel, dernier avatar d’une interminable chronique inaugurée en 1988, sous Michel Rocard.



L’ancien premier ministre avait instauré un plafonnement maximum de l’ISF à 70 % des revenus imposables.
En 1995, pour éviter que certains contribuables en retirent un bénéfice excessif, Alain Juppé introduit dans la loi de finances un « plafonnement du plafonnement » de telle sorte que celui-ci ne puisse conduire à une réduction de l’impôt supérieure à la moitié de l’impôt dû.
Au fil des ans, la réforme de l’ISF reste un sujet politiquement explosif.
Arrivé au pouvoir en 2007, Nicolas Sarkozy, à défaut de supprimer cet impôt, décide de mettre en place un « bouclier fiscal » : la somme des impôts dus par un contribuable, incluant les cotisations sociales (CSG et CRDS), ne pourra excéder 50 % de ses revenus.
Un formidable cadeau pour les plus aisés.
En 2010, dernière année de l’application de ce bouclier, 6 287 contribuables en avaient bénéficié pour un montant total de 856 millions d’euros, soit une remise moyenne de 136 154 euros.

Une remise de 61 452 312 euros pour Liliane Bettencourt



En 2011, sous la pression de sa majorité et de la crise, alors que le déficit budgétaire n’a cessé de se creuser et la dette publique de s’envoler, l’ancien président de la République se résigne à abandonner le bouclier fiscal.
En contrepartie, il relève le seuil d’assujettissement à l’ISF de 800 000 à 1,3 million d’euros, ce qui entraîne une chute de plus de la moitié du nombre de redevables.
Revenue au pouvoir en 2012, la gauche ne touche pas à ce seuil mais instaure une « surtaxe ISF ».
La polémique s’envole lorsque sont publiés des chiffres de Bercy faisant apparaître que, cette année-là, 8 810 foyers fiscaux ont été imposés à plus de 100 % de leurs revenus.
Sous la contrainte du Conseil constitutionnel, le gouvernement rétablit un plafonnement à 75 % des revenus, assorti d’un certain nombre de garde-fous pour prévenir les montages d’optimisation fiscale.
Mais, fin 2013, nouvelle censure du Conseil constitutionnel et il est contraint de revoir son dispositif.
C’est cette situation qui prévaut aujourd’hui et dont le gouvernement n’arrive pas à se dépêtrer.
En juin, Le Canard enchaîné publiait une liste  soumise au secret fiscal  de cinquante contribuables ayant ainsi bénéficié d’un abattement moyen de 90 % sur leur ISF.
Au premier rang figurait Liliane Bettencourt qui, grâce à une remise de 61 452 312 euros, avait vu son ISF réduit à… zéro euro.
Le projet de loi de finances pour 2017 contient bien une mesure destinée à éviter que certains contribuables reversent leurs revenus à des holdings pour qu’ils ne soient pas pris en compte dans le calcul du plafonnement.
Cette clause dite anti-abus devrait avoir un rendement de… 50 millions d’euros en 2017. Une goutte d’eau.

D'après un texte de P ROGER

dimanche 2 octobre 2016

NON



"Demanderait-on à des catholiques

d'être modérés?




"Le débat politique ne doit pas faire de la 
laïcité une arme contre un monothéisme",
notamment la religion musulmane,
 déclare Emmanuel Macron dans un 
entretien-débat avec Jean-François Kahn .

L'occasion pour celui qui a quitté le 
gouvernement et laisse planer le doute sur ses 
ambitions en vue de la présidentielle de faire 
entendre son point de vue sur le sujet.

"La République est ce lieu magique et unique 
qui permet à des gens de vivre dans l'intensité 
de leur religion", ajoute l'ancien ministre de 
l'Economie, pour qui "la laïcité n'a pas vocation 
à promouvoir une religion républicaine".


samedi 1 octobre 2016

DESINTOX.






La droite est hilarante

 (ou navrante)

quand elle dénonce les mesures 

qu’elle a elle-même mises en place.



Mais là, Juppé décroche le pompon.

Car il faut une bonne dose d’ignorance pour, 
dans la même phrase, dénoncer la «politique 
brouillonne et idéologique» de la gauche, saluer 
l’ancien garde des Sceaux Dominique Perben, 
et  faire applaudir la salle en demandant 
l’abrogation des réductions automatiques de 
peines. 


Car les réductions automatiques de peine ne sont pas le résultat de la politique de la gauche… mais de celle de la droite. Et Dominique Perben, ex-garde des Sceaux, qu’Alain Juppé prend à témoin, connaît tellement bien ces questions, comme le dit encore Juppé… que c’est même lui qui les a mises en place. Oups. 
La loi du 9 mars 2004 (dite donc Perben-II) a en effet réformé en profondeur le régime de la réduction de peine. 
Les réductions étaient, jusqu’à 2004, octroyées en fonction des preuves de bonne conduite du condamné.
Elles ont été remplacées par un crédit de réduction de peine (CRP), fondé sur une présomption de bonne conduite, et calculé sur la condamnation prononcée.
Il est accordé au moment de la mise sous écrou quand la condamnation est exécutoire, permettant de rendre plus prévisible les dates de libération.
Il s’agit donc bien d’une réduction de peine automatique, même si ces crédits peuvent être retirés en cas de mauvais comportement lors de l’emprisonnement.
Une personne emprisonnée bénéficie aujourd’hui automatiquement des crédits de réduction de peine suivants : trois mois pour la première année d’emprisonnement, deux mois pour les années suivantes, sept jours par mois pour la partie de peine inférieure à une année pleine ou pour les peines de moins d’un an. 
La seule chose qu’a faite la gauche depuis quatre ans a été d’homogénéiser les CRP, qui étaient réduits pour les personnes condamnées en état de récidive.
Ces dernières ne pouvaient bénéficier que de deux mois pour la première année d’emprisonnement, un mois pour les années suivantes, et cinq jours par mois pour la partie de peine inférieure à une année pleine ou pour les peines de moins d’un an.
Depuis la réforme du 15 août 2014, les récidivistes peuvent désormais bénéficier des mêmes CRP que les non-récidivistes.
Mais pour ce qui est du principe des réductions automatiques de peines, il faudra aller sonner au guichet de Perben (1).

Même erreur sur la réforme de l’aménagement des peines, qu’on doit à Rachida Dati

Alain Juppé commet exactement la même erreur quand il dénonce le fait, dans la plus grande confusion, que «les peines prononcées en dessous de deux ans de prison ne soient tout simplement pas exécutées». 
Le système qu’Alain Juppé décrit (fort mal) et condamne est le système d’aménagement des peines mis en place… par Rachida Dati en 2009.
Là encore, la politique brouillonne et idéologique de la gauche n’y est pour rien… Caramba, encore raté.
La réforme pénale de la ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy prévoyait en effet un examen par le juge d’application des peines pour toute peine inférieure ou égale à deux ans (un an pour les récidivistes).
Mais en plus d’attribuer à tort la paternité de la réforme à la gauche, Juppé la caricature grossièrement en affirmant que les peines prononcées en dessous de deux ans ne sont pas «exécutées».
Une bonne partie de condamnés à des courtes peines passent derrière les barreaux.
Un condamné à une courte peine peut d’abord filer directement à la case prison en cas de mandat de dépôt prononcé par le tribunal.
Par ailleurs, dans le cas où le condamné sort libre du tribunal, sa peine doit être théoriquement examinée pour aménagement, ce qui ne signifie pas non plus qu’elle sera systématiquement aménagée.
Au total, un regard sur les dernières statistiques du ministère de la Justice permet d’infirmer dans les grandes largeurs la bêtise énoncée par Alain Juppé.