Leur
petite fête nationale
C’est
le marronnier des
Capitalo-libéraux
Débridés.
qu’ils
ont eux-mêmes créée,
et
dont
ils se repaissent jusqu’au
ridicule.
Comme
chaque année en été, un pseudo institut
économique, relayé en
exclusivité par la presse
de droite, célèbre ainsi «le jour de la
libération
fiscale», date censée illustrer de façon
symbolique le
moment de l’année où le
contribuable français cesse de
«travailler pour l’Etat».
Et
où il peut enfin disposer pleinement de ses
revenus. Concrètement,
la date est déterminée
en prenant en compte le taux d’imposition
d’un
salarié moyen (57%), et en reportant ce
pourcentage au
calendrier annuel.
Un
concept où la manipulation idéologique le
dispute à la
malhonnêteté méthodologique.
Selon
l’institut Molinari, le jour de la libération fiscale aura donc
lieu, en France, ce mercredi 29 juillet, soit un jour plus tard
qu’en 2014.
L’Hexagone,
surtout, serait très mal classé par rapport à ses voisins, notre
«libération» intervenant au deuxième moment le plus tardif de
l’année, une semaine seulement avant la Belgique (6 août).
Viennent ensuite, et donc avant nous, la Grèce (14 juillet),
l’Allemagne (10 juillet), l’Italie (2 juillet), ou
encore les Pays-Bas (18 juin).
Parmi
les pays «libérés» le plus tôt : Chypre (31 mars),
l’Irlande (28 avril), et le Royaume-Uni (9 mai).
Première
chose : l’institut prend comme référence l’imposition du
salaire moyen, qui inclut donc à la fois celui du smicard et du
millionnaire… Une moyenne très malvenue en cette matière, où le
niveau d’imposition dépend fortement du montant et de la nature
des ressources.
L’institut, surtout, inclut des
prélèvements comme l’impôt sur le revenu, les cotisations
salariales ou encore la TVA, mais aussi… les cotisations
patronales.
Ce qui fait évidemment bondir le taux
d’imposition.
Un choix qui ne doit rien au hasard :
en effet, si l’institut, en toute logique, avait exclu les
cotisations patronales, la France serait mieux classée de six
places.
Le Français serait ainsi «libéré»
avant des pays comme l’Autriche, la Hongrie, les Pays-Bas, et
surtout l’Allemagne.
De quoi mettre à mal la thèse du
«fardeau» fiscal pesant sur nos compatriotes, et défendue tout au
long du document.
Troisième problème: la question de la
comparaison internationale des taux de prélèvements obligatoires,
que tous les économistes sérieux jugent de plus en plus délicate à
opérer.
Car n’entrent pas en compte dans cet
indicateur les contributions acquittées par les ménages aux
instituts privés de sécurité sociale, comme pour la retraite par
capitalisation en Allemagne.
Ce que l’institut, enfin, oublie de
préciser, c’est que si le taux de prélèvements obligatoires,
selon les critères de cette étude, est de 57% en France, il n’est
plus que de 17% après transferts entre les différents agents
économiques.
Un chiffre stable depuis plus d’un
demi-siècle. Autrement dit, la très grande majorité des
prélèvements est immédiatement réinjectée dans l’économie,
sous forme de subventions aux entreprises, mais aussi d’aides
sociales revenant directement dans le revenu disponible des ménages.
Il était donc totalement faux de dire, comme le souligne cette
étude, que le pouvoir d'achat «réel» des ménages débute après
la libération fiscale.
Bref, l’accumulation des énormités
méthodologiques et des conclusions qui en sont tirées confinent de
fait cette étude à de la mauvaise propagande libérale.
Et son relais, sans recul, par certains
organes de presse, à un publi-communiqué à peine déguisé.
Un mauvais service rendu au libéralisme
qui, quoi qu’on en pense, mériterait, pour le sérieux de ses
thèses, des défenseurs moins fantaisistes.