LA DROITE POP
lundi 7 mai 2012
dimanche 6 mai 2012
La Fable Espagnole de Sarkosy
La Fable Espagnole de Sarkosy
Vous voulez la gauche, vous aurez la crise comme en Espagne», nous a promis Sarkozy. Au prix de plusieurs approximations.
«Regardez l’Espagne. Voulez-vous la même situation?»
Cette question rhétorique est devenue l'un des procédés
préférés de Nicolas Sarkozy, pour évoquer le drame qui
attendrait la France en cas de victoire socialiste. «L’Espagne
a relâché sa discipline, l’Espagne n’a pas fait les réformes
qu’il fallait faire, l’Espagne a embauché des fonctionnaires»,
a encore martelé le président-candidat, vendredi matin sur Europe
1. Attention toutefois à ne pas vexer nos voisins d'outre-Pyrénées.
Et surtout à ne pas trop s'éloigner des faits.
1. Des comptes publics plutôt positifs
La crise espagnole serait-elle due à un manque de «discipline» ? Examinée au prisme des comptes publics de Madrid, l’affirmation prend du plomb dans l'aile. Ainsi, même au plus mal, le royaume reste nettement moins endetté que la France : 68,5% du PIB contre 85,8%, selon les chiffres d’Eurostat. Un taux qui a diminué constamment entre 1997 et 2007 avant de bondir sous l’effet de la crise, comme dans la plupart des autres pays européens. Il reste encore inférieur à la moyenne de l’Union.
Même constat sur les déficits budgétaires, inférieurs à ceux de Paris entre 1999 et 2007. Le budget espagnol a même été excédentaire entre 2004 et 2007, grâce à la forte croissance connue par le pays au début des années 2000. Il a, en revanche, plus gravement dérapé que le Français à partir de cette date.
Le déficit commercial, enfin, est bien plus important que celui de la France. Mais sa trajectoire est meilleure : il est passé de -10,1% du PIB en 2008 à -4% en 2011, tandis que celui de la France, sur la même période, passait de -1% à -2,2%. Présenter l’Espagne en exemple de laxisme budgétaire est donc hasardeux – à moins d’en faire autant pour la France, gouvernée par la droite depuis dix ans. Nicolas Sarkozy se garde d'ailleurs de mettre en cause les régions autonomes espagnoles, lourdement endettées, dont la plupart sont gérées par le Partido Populare (droite).
2. Une crise bien particulière
Si la crise financière a frappé l’Espagne de plein fouet, elle
s’est surajoutée à une autre crise, celle de l'éclatement d'une
bulle immobilière creé de toute pièce par le patronat ( les
millionaires de la « BRIQUE »)qui gonflait depuis la fin
des années 1990. Comme aux Etats-Unis, le crédit pas cher a
alimenté une frénésie immobilière, mobilisant des centaines de
milliers d’emplois, alimentant le pouvoir d'achat, et comptant
ainsi pour une bonne part de la croissance du pays.
La hausse des taux d'intérêt, décidée par la Banque centrale
européenne à partir de 2006, a commencé à dégonfler cette bulle,
avant que la crise financière importée des Etats-Unis ne transforme
l'atterrissage en débâcle générale. Moins qu'à un supposé
laxisme budgétaire espagnol, c'est donc à une croissance trop
dépendante de l'immobilier que Madrid doit la dégradation de ses
comptes publics et un chômage frôlant le taux
astronomique de 25% de la population active.
Par DOMINIQUE ALBERTINI
LA DETTE
LA
DETTE
Nous
ne devons rien
-
Il faut faire défaut sur la dette, ne remboursons pas, ou opérons
unilatéralement une décote…
Sauf
que le problème des dettes et créances croisées, c'est qu'elles
sont détenues par les mêmes opérateurs qui détiennent également
les avoirs de tout le monde... Si on met à genou le système, c'est
nous-mêmes que nous punirons... Ce que démontrent le montant des
nos dettes, c’est tout également, l’imbrication des dépendances
financières ; toucher à un seul maillon de la chaîne, c’est
toujours prendre le risque positif que tout le château de cartes
s’effondre.
Pourtant,
outre les mesures de renationalisation de certaines banques, la
séparation des activités bancaires ou le renforcement des ratios de
sécurité et autres réformes, il y a une solution extrêmement
simple pour démonter le château de cartes sans que tout s’effondre.
En
France (et en principe dans la zone Euro, sauf les habituels cas
particuliers qui ont obtenu des exceptions à la règle), on a une
loi sur la dématérialisation
des titres… Au lieu de dire, on ne paiera pas, il faut dire
« notre loi nous interdit de verser de l’argent à des
anonymes, aussi dorénavant nous ne rembourserons plus les dettes de
tous ceux, sociétés de placement incluses, qui ne nous auront pas
fait connaître les personnes physiques, bénéficiaires finaux »…
Ou encore : « nous dénonçons toutes les conventions
fiscales avec les pays qui ne soumettent pas leurs organismes
financiers aux mêmes règles de transparence que nous, et en
conséquence, nous appliquons à la lettre notre loi sur la
retenue à source pour tous les types de revenus distribués à
l’étranger à notre taux maximum d’imposition, majoré de 50
% »…
Simple
non ? Le système a comme condition essentielle à sa
survie et pour pouvoir poursuivre ses « trafics »
occultes, l’anonymat. Supprimons celui-ci et, entre autres, plus
aucun chantage ne peut s’exercer. Il est plus que probable, par
exemple, que parmi nos prêteurs étrangers figurent des banques
françaises qui se servent de leurs filiales extraterritoriales pour
participer à la curée sur l’Europe… ça serait « drôle »
que tout à coup les masques tombent…
De
plus, on inverse totalement la stratégie de la terreur, et ça, ça
serait une vraie révolution ; en douceur en plus ; bien plus
efficace que la taxe Tobin qui ne ferait que surenchérir le loyer de
l’argent, sans rien changer au niveau des problèmes de fond, et
qui en plus, est inapplicable sans un consensus mondial que nous
n’aurons jamais… Et si la France pouvait entraîner l’Europe,
puis les USA (ce dont je doute, mais nous n’avons pas besoin
d’eux), dans son sillage, cela suffirait pour mettre fin en « en
deux coups de cuillère à pot » : à l’évasion
fiscale, aux paradis fiscaux opaques, aux participations croisées,
et cetera, et cetera… Et ce n’est pas une solution magique
celle-là, elle est applicable demain et sans qu’on ait besoin que
le reste du monde soit d’accord… tout en respectant la Loi…
-
La Loi
de 1973 puis le statut de la BCE,
sont la cause de tout…
Voilà
encore une demi-vérité qui a la vie dure… diffusée,
principalement, aussi bien par le FN que par la gauche dite «
radicale »…
Bien
évidemment, on peut toujours gloser et même être d’accord sur
les problèmes que constitue cette perte d’indépendance par
rapport aux besoins de financement des États, aux contraintes que
cela implique et au surcoût que cela représente…
Cependant,
cette affaire du « sur-paiement » des dettes est à
double tranchant… Certains affirment que notre dette serait
aujourd’hui minime, si depuis 40 ans nous n’avions pas eu à
régler les intérêts versés aux Banques ; soit, on peut même
leur faire confiance s’ils maîtrisent les opérations
arithmétiques de base. Néanmoins, je n’ai jamais pu le vérifier
parce que tous ceux qui affirment cela, ne donnent ni les chiffres,
ni les méthodes qu’ils ont utilisées pour le calcul ; si
c’est une simple addition des intérêts payés, par exemple, c’est
forcément faux, parce que seul le différentiel avec le taux de
financement auprès de la banque centrale est à prendre en compte,
et de plus, les impôts sur le surcoût sont à déduire…
Mais,
il y a une autre raison plus fondamentale : cet argent a aussi
permis aux banques de financer l’activité économique… Personne
ne sait jusqu’à quel point cette décision - qui a également,
permis de créer un circuit de subventionnement de l’activité
économique qui échappe à toute accusation de dumping étatique - a
rapporté en impôts à l‘État et soutenu l’économie. De même
par rapport aux « mécanismes » de création
monétaire, il est probable que les concepteurs de ce système
pensaient que les banques étaient les mieux à même,
« d’autoréguler » et d’ajuster la masse monétaire
en fonction de l’augmentation réelle de richesses, conformément à
la Théorie
quantitative de la monnaie (TQM)…
Il
y a donc eu SOUTIEN ABUSIF
vendredi 4 mai 2012
La grande colère des peuples
La grande colère des peuples d'Europe
Il faut comprendre
la colère des Espagnols - c'est celle de beaucoup d'Européens. En
théorie, les Espagnols ont "tout bon". Ils sont plus que
"casher" au regard de la doxa du moment. Voilà dix-huit
mois qu'ils font exactement ce que Berlin, Bruxelles et Francfort
ordonnent : coupes drastiques dans les dépenses publiques, hausse
des impôts,
réforme du marché du travail, etc. Qu'obtiennent-ils en retour ?
Pour le moment, un désastre.
Un jeune Espagnol sur deux est au chômage, funeste destin qui est
celui de plus d'un quart de la population active du pays. La
croissance est négative et le moyen terme ne laisse entrevoir
qu'une perspective : encore la récession.Si au moins cette cure d'austérité et ces douloureuses réformes de structure valaient à Madrid la bénédiction des marchés... Même pas. Prétextant, entre autres, l'absence de perspective de croissance, les marchés exigent des rendements élevés (près de 6 % sur des obligations d'Etat à dix ans) pour acheter de la dette espagnole.
Mais les marchés - banques, compagnies d'assurances, fonds de pension et autres grands gestionnaires de l'épargne - sanctionneraient tout autant Madrid si l'Espagne ne s'imposait pas cette cure d'amaigrissement budgétaire. Celle-là même qui est responsable de l'absence de perspective de croissance... Comment dit-on "perdant-perdant" en espagnol ?
En Europe, tout le monde fait de l'austérité en même temps, de façon quasi in-discriminée. Au nom de la lutte contre la dette. Et, sauf en Allemagne, tout le monde ou presque vit à l'heure de la récession et du chômage de masse, lesquels entretiennent la dette.
Les électeurs se révoltent. Mettons la Grèce à part, dont l'appartenance à l'euro est une aberration. Mais en Italie, en Irlande, en Espagne, au Portugal, en France et même aux Pays-Bas, le moral est plombé. C'est partout le sentiment d'une inextricable situation. Jusqu'à présent, à l'exception de l'Allemagne, aucune équipe dirigeante sortante n'a résisté à l'épreuve des élections. Pour la France, on saura dimanche.
D'où la nouvelle petite musique qui se fait entendre ici et là : l'accent ne doit plus être mis sur la réduction des déficits, mais sur l'incitation à la croissance, laquelle, seule, nourrira les recettes fiscales qui assécheront les dettes des Etats.
L'Europe se bouchait les oreilles. Le chef d'orchestre et trésorier-payeur général, l'Allemagne, avait donné le tempo : point de salut hors de l'austérité budgétaire. C'est affaire de conviction profonde, fondée sur l'expérience du pays. On ne bâtit une croissance durable que sur un retour à la compétitivité, lequel suppose comptes publics en équilibre, modération salariale et réformes de structure. Ce qui a pris plus de dix ans à l'Allemagne et requiert donc de la patience, comme le dit le bon docteur Jens Weidmann. L'inflexible patron de la Bundesbank néglige juste cette réalité : le temps de la réforme économique n'est pas celui de la démocratie politique.
Il y a près de deux ans déjà que quelques Prix Nobel d'économie, les patrons du Fonds monétaire international et les éditorialistes du Financial Times (FT), parmi d'autres, dénoncent l'ordonnance de Berlin. La liste comprend des personnalités aussi extrémistes que les Américains Joseph Stiglitz et Paul Krugman, Dominique Strauss-Kahn puis Christine Lagarde.
Leur argument est celui que développe cette semaine le FT : "Les programmes aujourd'hui imposés à des pays comme l'Espagne sont vraisemblablement condamnés à l'échec. En poussant leurs économies dans la récession et même dans la déflation, ils vont alourdir encore le fardeau de leurs dettes, et non l'alléger."
On condamne une politique d'austérité appliquée de façon uniforme et simultanée à toute la zone euro. On appelle à plus de discrimination : certains pays ont encore quelques marges de manœuvre budgétaire. Pour le retour à l'équilibre des comptes, on réclame un calendrier précis mais plus étalé dans le temps.
Cela laisse entière la question de l'incitation conjoncturelle à la croissance. Comment faire ? Quoi qu'on dise outre-Atlantique, la relance par la dépense d'Etat dans une zone où la moyenne de la dette publique atteint près de 90 % du produit intérieur brut, cette relance-là a des limites. L'euro n'est pas le dollar, hélas !
Pour faire marcher l'Etat, payer ses fonctionnaires, assurer ses échéances les plus diverses, un pays comme la France doit emprunter chaque jour quelque 500 millions d'euros. Mieux vaut des marchés bienveillants.
Reste Bruxelles. On entend par là l'Europe instituée, ses instances communautaires. Elle seule a la capacité d'emprunter à bon prix, offrant la garantie de son poids économique global. Il y a plus de dix ans déjà que Jacques Delors - encore un subversif, vu de Berlin - s'égosille à réclamer des euro-obligations. Non pas pour boucler le budget de tel ou tel des membres de l'Union, mais pour lancer des projets de grands travaux d'infrastructure, de recherche et d'éducation ; bref, préparer la compétitivité de demain.
Voilà qui viendrait compléter l'indispensable cure de diététique budgétaire. Voilà qui formerait ainsi un cocktail de politique économique conjoncturelle - le fameux policy mix des Anglo-Saxons - autrement plus intelligent que la potion unique aujourd'hui infligée aux peuples d'Europe. Ce ne serait pas une panacée, ce serait un peu de baume. Il ne faut pas entretenir de nouvelles illusions : les politiques de croissance comme celles d'austérité ne produisent pas d'effet Cocotte-Minute.
Le traitement ne dispenserait pas nombre de pays, à commencer par la France, de procéder à des réformes de structure profondes. L'Etat-providence est un enfant des "trente glorieuses", le rejeton d'une époque de forte croissance révolue. Le garder suppose de le financer autrement.
Question légitime : pourquoi le chemin tracé par Jacques Delors au moment du lancement de l'euro n'a-t-il pas été suivi ? Réponse : parce que la France et l'Allemagne, notamment, n'ont cessé de délégitimer tout ce qui relève des instances communautaires de l'Union européenne. La crise d'aujourd'hui dans la zone euro n'est pas seulement le sous-produit de la bombe partie de Wall Street en 2008. Elle traduit les dysfonctionnements de l'Europe.
frachon@lemonde.fr
Alain Frachon, International
MERCI LIBERATION
Ces mots de François Bayrou, l’un des hommes politiques les plus
populaires de France, ayant jadis gouverné à droite, resteront comme
ceux d’un homme d’honneur. Domorand
mercredi 2 mai 2012
On protège toujours les petits Copains du tout puissant.
Les fichiers des fraudeurs, qu'Eric
Woerth brandissait en 2009, ont été trafiqués selon la police
suisse. Une nouvelle très gênante pour BERCY.
Très concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement qu’entre le moment où la France a récupéré ces fichiers auprès d’un ancien salarié de la HSBC – Hervé Falciani – et leur restitution à la Suisse quelque mois plus tard, ils ont été modifiés.
Très concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement qu’entre le moment où la France a récupéré ces fichiers auprès d’un ancien salarié de la HSBC – Hervé Falciani – et leur restitution à la Suisse quelque mois plus tard, ils ont été modifiés.
C’est-à-dire nettoyés de noms que UMP ne souhaitait pas y voir figurer. Ce
que justice et police suisses écrivent aujourd’hui noir sur blanc
dans ces rapports jusque-là jamais révélés que le procureur Eric de
Montgolfier a laissé entendre en février dernier .
Il déclarait alors : "De notre
côté, nous avions plus de 8.000 noms, pour ce qui concerne les
ressortissants français et au moins dix fois plus d’étrangers.
Pourquoi sortir que 3.000 ? Cela ne nous arrangeait pas…
Était-ce juste une façon de noyer le poisson ?" A+
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